Monique DALLET : Conseillère municipale de Grenoble (mouvement de politique locale)
Page précédente
Retrouvez les réponses de :

Marcel RAINAUD :
Président du Conseil Général de l'Aude (PS)
Nicolas DUPONT-AIGNAN : Député de l'Essonne (UMP)
Bertrand AUBAN :
Sénateur, Conseiller général et Maire en Haute-Garonne (PS)
Jean VIDAL :
Vice-Président du Conseil Général du Gard (PS)
André SANTINI :
Député des Hauts-de-Seine, Maire d'Issy les Moulineaux (UDF)
Pascal TERRASSE :
Député de l'Ardèche (PS)
Monique DALLET :
Conseillère municipale de Grenoble (Mouvement de politique locale)
Chantal ROBIN-RODRIGO :
Députée des Hautes-Pyrénées (PRG)
Noël MAMERE :
Député de la Gironde, maire de Bègles (Les Verts)
Anne-Marie REME-PIC :
Vice-Présidente du Conseil Général de la Drôme (PS)
Yves COCHET :
Député de Paris (Les Verts)
Laurent FABIUS :
Député de Seine-Maritime (PS)
Michel NARIOO :
Maire Adjoint de La Roche sur Yon (Les Verts)
Groupe des
élus Verts du Conseil Régional des Pays de la Loire
Fawzi BENARBIA :
Conseiller municipal de Villeurbanne, conseiller communautaire du Grand Lyon (Les Alternatifs)
François LONCLE :
Député de l'Eure (27), Ancien Ministre (PS)
Sophie DONZEL :
Conseillère municipale de Nanterre (PS)
Magali LE FRANCOIS :
Conseillère Générale du Calvados (PS)
Jean-Christophe LAGARDE :
Député-Maire de Seine-St-Denis (UDF)
Germinal PEIRO :
Député-Maire et Vice-Président du Conseil Général de la Dordogne (PS)
Yves JEGO :
Député-Maire de Seine et Marne (UMP)
Olivier JACQUIN :
Conseiller Général de Meurthe et Moselle (divers gauche)
Alain LAMASSOURE :
Député européen (UMP)
Martine BILLARD :
Députée de Paris (Les Verts)
Roland DAVERDON :
Vice-Président du Conseil Régional Champagne-Ardenne (PS)
Marie-Anne ISLER BEGUIN :
Députée au Parlement Européen (Les Verts)
Alain FIQUET :
Conseiller municipal de Flers en Escrebieux (écologiste sans étiquette)

Retour à l'accueil
I. Questions générales

Dans un rapport au Parlement Européen remis le 22 juillet 2003, la commission de l'environnement, de l'agriculture et des questions territoriales propose qu'une Charte Européenne consacre, entre autres, les principes d'actions suivants :
- reconnaître la contribution potentielle de l'Agriculture Biologique à la réforme de la politique agricole et au développement rural, - accroître les performances de l'agriculture biologique concernant les biens environnementaux et sociaux,
- renforcer la capacité des consommateurs à défendre activement le changement d'orientation de la politique agricole,
- soutenir les producteurs biologiques directement et indirectement,
- créer des dispositifs réglementaires et renforcer les dispositifs existants.

Etes-vous favorable à l'adoption d'une telle Charte Européenne? oui

Il y a une grande disparité entre les pays européens sur l'incitation au développement de l'agriculture biologique. La France est à la traîne. Il faut impérativement que des mesures soient prisent et appliquées dans le cadre européen.


II. Superficie des terres agricoles

Concernant l'étendue des superficies bio, plusieurs pays européens se sont fixé des objectifs à atteindre de 10 à 20 % à l'horizon 2010. En France, la superficie agricole en bio représente 2 % de la surface agricole utile du pays contre plus de 13 % en Autriche, plus de 7 % en Finlande, plus de 6 % en Suède, en Italie et en République Tchèque, plus de 5 % au Danemark, au Portugal et en Estonie, et plus de 4 % en Slovénie, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Slovaquie. (chiffres de l'Agence Bio).


Seriez-vous prêt à fixer un objectif en pourcentage des terres agricoles à consacrer à la bio en France ? oui

Si oui, lequel :             % et quelle échéance fixeriez-vous pour atteindre cet objectif ? :       
             .
20 % dans 10 ans, 30 % dans 15 ans. Il faut en même temps assurer des débouchés, non seulement en vente directe, mais aussi vente par les commerces de détail, à travers une organisation collective, et ainsi éviter les intermédiaires des centrales d'achat des grandes surfaces traditionnelles.


III. Un soutien financier pour l'agriculture biologique

L'évolution de l'agriculture européenne est le fruit des soutiens (PAC) et des politiques qui les ont mis en œuvre en réponse aux besoins et attentes de la société des années 50. Alors que ces attentes ont changées, la déconnexion des paiements de la nouvelle PAC va figer des situations historiques acquises il y a 6 ans alors que, à surface et production équivalentes, un agriculteur bio ou peu intensif percevait de 20 à 50 % moins d'aides que ses collègues conventionnels.
Même s'il est le bienvenu, le crédit d'impôt de 1 200 à 2 000 € prévu dans la loi d'orientation agricole de 2006 ne saurait remplacer la « rémunération de reconnaissance de l'agriculture biologique » réclamée par les producteurs bio. Cette rémunération forfaitaire des services environnementaux, sociaux et de santé rendus par les agriculteurs biologiques à l'ensemble de la société est prévue et cofinancée par l'Europe sous l'appellation « aide au maintien » dans le cadre du second pilier de la PAC. Comme l'a écrit le député Martial Saddier dans son rapport sur la bio de juillet 2004, la France est l'un des seuls pays Européens à ne pas avoir utilisé ce financement d' « aide au maintien » de l'agriculture biologique.
Parmi les mesures et les dispositions financières favorables au développement de la bio, il est possible de développer des instruments par l'intermédiaire de la législation fiscale. Ainsi, Serge Lepeltier, ancien ministre de l'écologie, proposait début 2005 de faire passer la TVA à 33 % pour les produits les plus polluants et à 0 % pour les produits propres.

Êtes-vous favorable :

-au rééquilibrage des paiements compensatoires ?
oui

C'est un principe d'équité, un critère supplémentaire de non pollution des nappes phréatiques, de l'air ambiant. Cela devrait leur donner un bonus d'aide, par rapport à l'agriculture traditionnelle. Les pollueurs ne sont pas encore totalement les payeurs (engrais chimiques, pesticides entre autres).

-à la rémunération de reconnaissance ?  oui

C'est certainement plus valorisant que la simple notion d'agriculteurs jardiniers de la nature, dont  on nous rabat les oreilles en particulier en zones périurbaines (je rappelle j'habite Grenoble).

-à un appui aux acteurs de la filière biologique par des mesures fiscales (baisse de la TVA, crédit d'impôt, …) ou des aides spécifiques aux investissements en bio ? oui

Plutôt aide plus importante à l'investissement pour structurer la filière sur la production, l'organisation de la vente, l'accès au foncier qui devient de plus en plus cher.


IV. La prise en charge des coûts des contrôles et de la certification

L'agriculture biologique est un mode de production défini par un règlement européen et des cahiers des charges homologués par les pouvoirs publics. Pour pouvoir prétendre à ce mode de production et afficher leurs produits en « AB », les opérateurs sont tenus de faire certifier leurs pratiques par un organisme de contrôle privé, après agrément et accréditation. Le coût de la certification des produits est assumé entièrement par les opérateurs.

Êtes-vous favorable :

-à la prise en charge par l'Etat des coûts de certification des produits bio réalisée par des entreprises privées ?
oui

Ce pourrait aussi pour partie pris en charge par les régions dans le cadre de la dynamisation de l'agriculture biologique, de terroir, paysanne. Cela rendrait l'agriculture biologique plus compétitive par rapport aux produits conventionnels. Cela ne polluerait pas les prix de vente des produits. Car c'est le consommateur final qui paie.

-à la prise en charge des contrôles de la distribution des produits bio par des organismes d'Etat (type DGCCRF) et non par des organismes privés comme il en est fait obligation depuis le 1er juillet 2005 ? oui

Cela banaliserait la situation de l'agriculture biologique, rendrait l'agriculture biologique plus compétitive par rapport aux produits conventionnels ; cela ne polluerait pas les prix de vente des produits. Car c'est le consommateur final qui paie.


V. Communication et société

Une communication active et pédagogique vers les consommateurs.
Le budget annuel de l'Agence Bio est très insuffisant pour assurer une communication continue et efficace vers les consommateurs.

La consommation des produits bio dans les établissements des collectivités publiques.
Le texte en vigueur du 7 janvier 2004 concernant le code des marchés publics laisse de nombreuses opportunités pour l'introduction des produits bio en restauration collective.

Pensez-vous que l'information sur l'agriculture biologique par les pouvoirs publics auprès des citoyens soit nécessaire ?  oui

Les organisations professionnelles agricoles devraient, aussi à travers les aides de l'Etat, être incitées à orienter leur publicité vers la production biologique.


Êtes-vous favorable à des mesures (déjà en œuvre dans plusieurs pays européens) permettant de favoriser la consommation de produits issus de l'agriculture biologique (prioritairement de proximité) dans les établissements publics (hôpitaux, cantines scolaires, etc …) ? oui

Il faut en même temps faire une info sur les risques sanitaires des produits conventionnels : allergies, pollutions diverses ..., des effets positifs des produits bios. C'est un problème de santé publique.


VI. L'aide à l'emploi dans la filière biologique

D'après la FNAB et l'Agence Bio, la bio emploie entre 20 % et 30 % de main d'œuvre supplémentaire par rapport à l'agriculture conventionnelle. Ces emplois supplémentaires constituent une charge importante pour le secteur, qui explique en partie le surcoût des produits bio.

Êtes-vous favorable à la mise en place d'aides spécifiques pour l'emploi en bio dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre le chômage ? oui

Il ne faut pas réduire l'agriculture biologique à une activité de résorption du chômage, mais comme une activité noble qui doit retrouver sa place dans la qualité de l'approvisionnement de l'espère animale, humaine.

VII. La formation et la recherche

Les budgets de la recherche en agriculture biologique ne sont pas à la hauteur du bénéfice qu'elle apporte à l'ensemble de la société. L'ITAB, Institut Technique de l'Agriculture Biologique est un des ICTA (Instituts et Centres Techniques Agricoles) créés et gérés par les producteurs, les coopératives et les fabricants. Or son effectif n'est que de 6 salariés et son budget représente 480K€ (pour 2004) soit 0,30% du budget de l'ensemble des ICTA, ce qui place l'Agriculture Biologique en dessous de l'effort financier accordé au tabac. Son avenir est remis en cause par une réforme qui voudrait le dissoudre dans un grand institut piloté par l'agriculture chimique dite « conventionnelle ».

Êtes-vous prêt à voter des budgets conséquents pour la recherche en bio ? oui

Il faut aussi que les écoles d'agriculture, dont les lycées, CFPPA, ENSA, écoles vétérinaires, etc. disposent d'enseignements structurés et complets sur cette pratique en même temps que les autres, pour permettre aux étudiants d'aborder les impacts différentiels sur l'environnement, la santé humaine, animale .... que l'on ne calcule pas qu'en terme technico-économique, mais aussi environnemental.

Êtes-vous pour que la recherche en agriculture biologique soit indépendante de toute tutelle liée à la pétrochimie ?

Le monde n'est pas binaire. D'un côté les bons, de l'autre les méchants. Il faut être prudent.


Êtes-vous favorable :

-au développement systématique de cursus bio dans les établissements d'enseignement agricole ?
oui

À côté du reste.

-à l'obligation de remettre en place un enseignement en agronomie, qui a été peu à peu écarté par les modules d'économie, de biologie et de chimie ? oui

Il devrait aussi avoir des enseignements à un niveau moindre dans les établissements traditionnels. Il en va de la santé publique de tous, et surtout des générations futures.


VIII. Le refus du modèle agrochimique et des OGM

Grâce aux nombreuses études épidémiologiques et toxicologiques, on mesure aujourd'hui les conséquences négatives des produits phytosanitaires sur la santé et l'environnement. La réduction de l'utilisation des pesticides de synthèse doit donc devenir une priorité de santé publique.
Plusieurs pays ont déjà mis en place des politiques volontaristes de réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires. L'un des éléments de ces politiques a été une taxation significative des pesticides et engrais de synthèse.
Il est aujourd'hui avéré que la coexistence entre agriculture transgénique et autres formes d'agriculture est impossible. Les flux de gènes entre les plantes transgéniques cultivées et les plantes sauvages ou cultivées bio ou conventionnelles génèrent une « pollution génétique » qui est totalement irréversible. Il est impossible de faire rentrer en laboratoire un gène disséminé dans la nature.

Êtes-vous favorable à la mise en place d'une politique de réduction des pesticides en France avec des objectifs chiffrés à atteindre dans le temps ? oui

C'est dans la logique de ce qui a été développé ci-dessus.

Quelle forme de taxation des pesticides et des engrais de synthèse envisageriez-vous ?

Taxation à la source sur les produits vendus pour les rendre plus chers pour les agriculteurs, par exemple TVA à 33 %.

Compte tenu de l'impossible coexistence, êtes-vous pour ou contre l'interdiction des OGM en agriculture ? pour

Question de santé publique et surtout de principe de précaution.


Êtes-vous favorable à :

- la primauté du droit des régions et des Etats à défendre les systèmes agraires traditionnels et de qualité sur le droit à la coexistence ?
oui


- l'obligation pour les sociétés qui diffusent des semences génétiquement modifiées d'assumer la totale responsabilité des éventuels dommages économiques, sanitaires et/ou environnementaux qu'elles sont susceptibles de générer ? oui


IX. Les semences paysannes

La majorité des végétaux que nous consommons aujourd'hui sont issus de variétés qui sont inscrites sur l'un des catalogues nationaux de la communauté européenne. Les variétés anciennes, locales ou paysannes non-inscrites sur l'un de ces catalogues sont donc malheureusement produites et distribuées dans la stricte illégalité.

Êtes-vous pour ou contre le droit des paysans de produire et d'échanger librement leurs propres semences ? pour

Avec un organisme certificateur pour vérifier la permanence des semences.


Êtes-vous pour une application large en France des propositions européennes destinées à favoriser la conservation de la biodiversité dans les fermes ? (création d'un catalogue des variétés de conservation, d'inscription gratuite et avec des critères spécifiques autres que l'homogénéité et la stabilité des variétés industrielles) oui