L'agriculture bio au coeur du pacte écologique de Nicolas Hulot
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Le 7 novembre, Nicolas Hulot lançait, lors d'une conférence de presse, "LE PACTE ECOLOGIQUE, une démarche d'interpellation des candidats à l'élection présidentielle, de mobilisation des citoyens, et de propositions pour nourrir le débat public."

Extraits du Pacte :

Objectif 3 -  AGRICULTURE : PRODUIRE AUTREMENT

L'agriculture « industrielle »se révèle à la fois destructrice pour l'environnement et excluante pour les hommes. Elle vit sur un modèle insoutenable : l'artificialisation à outrance des systèmes agricoles et le camouflage de ses coûts réels sous le flot des subventions. Au bout du compte, ce sont les conditions de la fertilité qui se trouvent compromises. Et les agriculteurs sont nombreux à se trouver dans l'impossibilité de réunir les moyens nécessaires pour rester compétitifs et à devoir quitter la terre.

La spécialisation des systèmes de culture, le recours à des engins motorisés de très forte puissance et l'emploi croissant d'engrais azotés de synthèse entraînent une augmentation de la consommation de pétrole. L'agriculture est ainsi devenue l'un des secteurs qui participe le plus à l'effet de serre. Elle ne se révèle rentable qu'au prix de pulvérisations de pesticides qui s'avèrent souvent dangereux pour la santé des agriculteurs eux-mêmes et des consommateurs.

La rentabilité des systèmes agricoles devrait être évaluée désormais de façon à ne pas prendre seulement en compte les coûts monétaires des productions mais en s'attachant à la valeur du patrimoine naturel, aux bilans énergétiques, aux coûts écologiques, aux bienfaits ou méfaits sociaux, alimentaires et sanitaires qui se manifestent à l'échelle de la société dans son ensemble.

C'est pourquoi nous proposons, à l'inverse des politiques de soutien aux productions intensives, de favoriser l'agriculture durable de qualité - produits biologiques ou certifiés - en lui ouvrant un marché grâce au redéploiement du montant des aides agricoles européennes vers la restauration collective, moyennant un engagement d'approvisionnement de proximité auprès des producteurs de ce type d'agriculture.

Objectif 8 - SANTE, PREVENIR AVANT DE GUERIR

Il est absolument nécessaire que la France évalue les facteurs environnementaux qui concourent aux risques de dégradation de la santé publique. Trois priorités nous semblent devoir être retenues :
- L'alimentation. La pollution de l'environnement et de la chaîne alimentaire - usage massif de pesticides, contamination de l'eau et de l'air - et la dégradation de la qualité alimentaire contribuent à l'augmentation de la prévalence des cas de cancers (+62% en vingt ans) et des cas d'allergies (ils ont doublé en 20 ans). L'excès de poids et le diabète sont en pleine expansion. La progression conjointe de ces maladies plaide pour une modification du système de production agricole et des habitudes alimentaires.

- Les pesticides. La France se situe au 3ème rang des pays qui répandent le plus de pesticides. Ces biocides participent à l'extinction des espèces et polluent l'environnement. Ils peuvent s'avérer allergisants, neurotoxiques, immunodépresseurs, mutagènes, cancérigènes, perturbateurs endocriniens (atteinte de la fertilité, malformations), y compris à faible dose. Il est de la responsabilité des autorités d'appliquer les engagements de réduction de l'emploi des pesticides, de soutenir le projet REACH pour établir le recensement des polluants chimiques, préciser leur toxicité et revoir leur autorisation, de développer les formations aux pratiques sans pesticides.

- Les OGM. Produits expérimentaux, est-il normal de retrouver les OGM dans les champs et les assiettes alors qu'on a peu de connaissances sur les risques engendrés par les manipulations génétiques et les interactions entre gènes ? On ne peut que recommander que la loi française transpose fidèlement les directives européennes veillant à la maîtrise de la dissémination d'OGM dans l'environnement.

Proposition n° 3 - REORIENTER LES SUBVENTIONS AGRICOLES VERS UNE AGRICULTURE DE QUALITE

Les aides considérables - 9,5 milliards d'euros dans le budget européen de la PAC et 2,5 milliards d'euros dans le budget français - versées aux agriculteurs qui ne parviennent ni à maintenir une activité  suffisante pour les ruraux, ni à fournir une alimentation de qualité. Elles coûtent cher à l'Europe, à l'Etat et aux contribuables. Elles placent les producteurs en position de dépendance. Elles contribuent à conforter un type d'agriculture incompatible avec la protection de l'environnement.

Nous proposons que les subventions agricoles soient progressivement transférées vers l'agriculture de qualité - biologique, labellisée, d'appellation d'origine contrôlée - en lui ouvrant le marché de la restauration collective : cantines scolaires, restaurants d'entreprises, d'universités, d'hôpitaux, de maisons de retraite, associations caritatives …, soit 2,6 milliards de repas chaque année et quelques 10 millions de repas par jours ouvrables. L'organisation de ce marché s'effectuerait sur la base d'un cahier des charges selon des critères de qualité et de proximité des productions.

Une telle redistribution relancerait la demande en produits de qualité, permettrait aux agriculteurs d'être rémunérés pour leur travail et créerait des emplois nécessaires à ce type d'agriculture. Elle diminuerait les coûts de transport et la consommation d'énergie, dynamiserait l'emploi local, permettrait l'accès des plus modestes à une alimentation de qualité.

Pour ce faire, le gouvernement français devra s'engager dans une renégociation de la PAC afin que les subventions aux producteurs soient progressivement dirigées vers la restauration collective. Sans attendre cette réforme, la France peut commencer à appliquer ce système en transférant les subventions directes dites du « premier pilier » de la PAC.
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