OGM : nouvelles publiées par le Professeur Gilles-Eric Séralini, de l'Université de Caen, Président du Conseil Scientifique du CRII GEN
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"Les statistiques de l'année 2006 en OGM commercialisés dans l'environnement ont été publiées début 2007 (www.isaaa.org).
Hélas, après 11 ans, nous avons toujours près de 100% de plantes à pesticides qui ne sont pas évaluées pour leur toxicité plus de 3 mois sur des rats. Les OGM restent une voie royale d'entrée dans l'alimentation des résidus de pesticides non homologués. La nouvelle réglementation proposée par l'EFSA en Europe suggère même de se dispenser la plupart du temps des  tests de toxicité de 3 mois (site efsa, consultation publique jusqu'au 31 janvier). Le CRIIGEN y a bien sûr répondu (
www.criigen.org).

Ces plantes à pesticides sont tolérantes à un herbicide (68%), produisent un insecticide modifié et muté à partir de Bt (19%), ou font les deux (13%). Cette dernière combinaison représente le caractère le plus en progression, il constitue les OGM dits de seconde génération (nés en 1998); la première datant de 1994-1995 comprenant les deux premiers traits séparés. Selon les demandes d'homologation internationales, les troisièmes et quatrièmes générations seront les productions de deux insecticides, et le croisement avec la tolérance à un puis deux herbicides. Les autres promesses se partagent toujours les petites surfaces expérimentales, voire les projets dans les têtes ou sur papier, et les croyances publicitaires.
La surface mondiale d'OGM atteint 102 millions d'ha, et est en augmentation de 13%. Les gènes de résistance aux antibiotiques y sont encore présents, notamment dans des autorisations plus récentes : pour le maïs Bt MON 863.

Ces OGM de 2006 sont toujours dans le monde : soja (57%), maïs (25%), coton (13%), colza (5%). Tout le reste atteint donc beaucoup moins de 1%. Le cinquième OGM entré (à part de petites surfaces de citrouille et papaye aux Etats-Unis) est la luzerne pour 80.000 ha soit 7 pour 10.000 des surfaces totales d'OGM. Les résidus de Roundup autorisés dans la luzerne sont en augmentation dramatique : 0,1% fin 2006 aux USA; à ces taux nos cellules humaines embryonnaires et issues de placenta ne résistent pas au laboratoire, en quelques heures (Richard et al., Env. Health Perspect. 2005).
Cependant, il est à noter que le riz OGM n'a pas été planté commercialement, contrairement à ce que certains croyaient, ni aux Etats-Unis, ni en Inde ou en Chine, mais seulement pour de petites surfaces en Iran, moins du millième  des OGM totaux.

Au total 92.7 % des OGM sont cultivés sur le continent américain. Mais s'il on exclut le coton indien, chinois et australien (ces pays cultivent essentiellement du coton OGM, lequel n'est pas vraiment une plante dont l'utilité première est la consommation), on constate que jusqu'à 98% des OGM alimentaires sont produits sur l'ensemble du continent américain ! Ils n'y sont pas étiquetés. Cela remet les intérêts en perspective dans le conflit à l'OMC sur l'étiquetage.

Les 4 grands sont toujours les mêmes : USA, Argentine, Brésil, Canada; ils rassemblent à eux seuls 88,4 % des surfaces. Le reste comprend ensuite 7,2% de coton indien et chinois. On atteint alors 95,6% de tous les OGM. Cela limite la portée du message qui voudrait faire croire que les OGM se
répartissent en grande quantité partout sur la planète. En Europe, où les OGM représentent toujours quelques centièmes des surfaces par rapport à l'agriculture biologique, la Slovaquie a fait son entrée et l'Espagne est en tête avec 60.000 ha.

On n'attend pas de changement majeur des tendances aux prochaînes statistiques internationales, en janvier 2008.
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